Le Messager du Relais Saint Jean

Les Grenadiers à Pied de la Garde Impériale

PIECE COMPLETE COPIE 09 2011

Prologue :

La scène n’est pas éclairée et l’on entend cette voix qui se souvient…

Je m’appelle Pierre Claude Baudin, je suis Chasseur à cheval dans la cavalerie légère de l’Empire sous les ordres du Général Lefebvre-Desnouettes.

Nous sommes le 18 juin 1815 et nous avons pris position à la Haie Sainte ; Nous recevons l’instruction du Maréchal Ney de charger avec lui sur ce plateau, face aux carrés britanniques qui ont été repoussés dans le fracas de notre dernière manœuvre.

Nous sommes désormais plus de dix mille cavaliers, rassemblés au cri du Maréchal. Nous chargeons à nouveau entre les canons britanniques abandonnés. Le soleil se lève sur ce vaste plateau, inondant de ses rayons, le sang qui ruisselle et d’où s’élèvent encore les cris d’agonie de l’infanterie écrasée par notre charge ; nos casques et nos sabres brillent de mille feux comme si tous les dieux nous obligeaient à ne jamais renoncer à la victoire.

J’entends autour de moi la mitraille qui me harcèle et de mon cheval lancé au grand galop, je reçois tel un présent l’écume amère de sa bouche grande ouverte. Par un coup invisible, ma tête s’éloigne de mon corps, mes bras se tendent vers le ciel, je cherche en vain mon équilibre et pose ma main à l’endroit même ! Douleur acide qui se loge sournoisement dans le haut de ma cuisse. Puis le vertige m’appelle vers ces épis de blé noircis par la fumée des canons. Ma conscience alors chancelle, ce besoin intense de fermer mes yeux rougis par la douleur, m’entraînent violemment du fracas des armes humaines Ô silence bienfaiteur de la nature éternelle !

Traité sur la tolérance “Prière à Dieu” – Voltaire – Chapitre XXIII

portrait VoltaireL’Intérêt général de l’humanité, ce premier objet de tous les cœurs vertueux, demande la liberté d’opinions, de conscience, de culte ; d’abord, parce qu’elle est

le seul moyen d’établir entre les hommes une véritable fraternité ; car puisqu’il est impossible de les réunir dans les mêmes opinions religieuses, il faut leur apprendre à regarder, à traiter comme leurs frères ceux qui ont des opinions contraires aux leurs.